Certaines personnes, peut-être un peu résignées ou défaitistes, croient à tort que le bruit des trains, tel qu’il est vécu à Pointe-Saint-Charles, est inévitable. Or, il s’avère que ce serait loin d’être le cas!
Nous savons que les grincements sont provoqués par des transitions très rapides entre glissement et adhérence au point de contact entre la roue et le rail. Mais ce n’est pas là l’unique cause, l’état des rails, la température ou l’humidité de l’air et d’autres «influences extérieures» jouent encore un rôle.
À ce sujet, nous vous invitons à découvrir quelques extraits d’un communiqué aux médias intitulé Le bruit des trains est-il inévitable? et signé par Monsieur Jean-Marc Wunderli, ingénieur EPF, spécialiste du Département « acoustique/lutte contre le bruit » du Laboratoire fédéral d’essai des matériaux (EMPA), présenté dans le 21 décembre 2005 à Dübendorf, en Suisse, dans le cadre du 27e Apéro scientifique de l’Académie Empa :
Pour étudier ce problème sur des bases scientifiques, on a procédé à des mesures de ces facteurs ainsi que de leurs effets sur le développement du bruit sur différents tronçons de voies. Après quoi les ingénieurs de l’EPFZ ont tenté de modéliser sur ordinateur le comportement au roulement des wagons à l’aide de programmes de simulation développés à cet effet pour ensuite comparer les résultats des mesures avec ceux fournis par la simulation. Après de nombreuses répétitions lors desquelles le modèle de calcul a été sans cesse adapté davantage à la réalité, les chercheurs sont finalement parvenu à simuler le grincement des roues sur leur ordinateur et à préconiser des contre-mesures telles que l’utilisation d’absorbeurs de bruit des roues, d’amortisseurs de bruit sur les rails, de bandages en caoutchouc ou encore des parois antibruit.
Un des avantages du rail est son utilisation particulièrement efficace de l’énergie. Ce bon bilan écologique est toutefois terni par des émissions de bruit massives. Des dépassements des valeurs limites de 20 décibel (dB) et plus font du train le moyen de transport le plus bruyant. Les principaux fauteurs de bruit sont les trains de marchandise roulants de nuit qui sont encore souvent équipés de freins à sabots de fonte.
Le Professeur Markus Hecht, qui dirige le département des véhicules ferroviaires de la Technische Universität de Berlin, place de grandes espérances dans une innovation pour réduire le bruit des trains de marchandise. Il s’agit là du nouveau bogie «Leila», développé par un consortium germano-suisse, qui est plus silencieux de 18 dB que les bogies conventionnels avec freins à sabots de fonte.
De plus, ce bogie est encore plus léger, moins sensible à l’usure et moins sujet aux dérangements. Parmi ses raffinements techniques, on peut encore citer des freins à disques à commande électronique et un système électronique de diagnostic. Les wagons de marchandise existants peuvent être équipés relativement facilement avec des bogies «Leila», ce qui permettrait de réduire sensiblement la durée d’immobilisation actuelle des wagons de marchandise et d’accroître ainsi la rentabilité des chemins de fer – un avantage non négligeable dans la lutte concurrentielle avec les transports routiers.
Voilà des innovations très intéressantes qui, il y a 4 ans déjà, promettaient de solutionner bien des soucis pour les activités ferroviaires en Suisse! Le CN a t-il seulement importé une telle technologie pour ses propres activités au Canada? N’y aurait-il pas là, déjà, une piste de solution pour appaiser la grogne citoyenne à son endroit tout en rentabilisant davantage les chemins de fer?