Toujours tiré du même Mémoire sur le projet de Loi C-11, présenté au Comité permanent des transports de la Chambre des communes du Canada préparé en 2006 par Le Regroupement des Citoyens Contre la Pollution, un groupe de citoyens de Charny qui avaient également entrepris des démarches contre les bruits abusifs des trains du CN en zone résidentielle.
Les statistiques sur les déraillements ne sont pas éloquentes et en font frémir plus d’un. En effet, le nombre de déraillement au cours des dernières années a plus que quintuplé et nous croyons que ce record peu enviable est principalement dû à :
- convois extrêmes (200 wagons +)
- mauvais entretien du matériel roulant
- mauvais entretien de la voie ferrée
Il faut souligner qu’un convoi de 200 wagons s’étire souvent sur plus de 3 km et bloque la circulation des rues principales comme c’est le cas à Charny où l’on compte 3 passages à niveaux sur 1 km de voies ferrées. Ceci représente un danger réel en cas d’urgence, police, ambulance, pompiers qui ne peuvent plus se rendre sans délai sur le lieu du drame, les voies de la municipalité étant bloquées. D’ailleurs, cela s’est produit en septembre dernier à Charny alors qu’un convoi extrême du CN s’est immobilisé pendant près d’une heure bloquant les axes routiers de la ville.
Il y a sans doute d’autres municipalités au Canada dans une situation comparable. On n’ose imaginer les conséquences d’un déraillement ou d’un déversement de matières dangereuses alors qu’une partie de la population ne peut recevoir du secours ni ne peut quitter le secteur, le convoi du CN bloquant les passages à niveau!
De plus, ces convois extrêmes de marchandise fragilisent les infrastructures et la voie ferrée devient moins résistante. Ce trafic accru de longs convois fait trembler le sol au point que la vibration se répercute dans les maisons avoisinantes. Le lien avec la multitude de déraillements au cours des dernières années peut facilement être fait.
L’entretien du matériel roulant est visiblement négligé et il va sans dire qu’un wagon dont les ensembles de roues sont usés ou défectueux représente un risque d’accident grave en plus du crissement des roues qui sonne comme un bruit d’enfer. Une récente enquête de Transports Canada révèle des lacunes importantes concernant l’inspection des trains, les essais de freins et l’entretien de la voie ferrée; concluant que depuis la privatisation en 1985, le CN a réduit l’entretien.
L’histoire nous montre que les déraillements causent des dégâts considérables et peuvent occasionner des catastrophes impliquant de nombreuses pertes de vies. Le voisinage des voies ferrées comporte donc de plus en plus de risques.
Dans un autre registre, nous nous interrogeons sur les impacts des émissions polluantes des motrices Diesel. Au moment où le législateur envisage, nonobstant le respect de ses engagements internationaux, de s’attaquer au smog, ne serait-il pas logique d’imposer des normes strictes et raisonnables à l’industrie ferroviaire?
Bien que ce texte se rapporte à la situation de Charny, certaines des questions soulevées au sujet du bruit infernal, du mauvais entretien des équipements et l’extrême longueur des convois s’appliquent également à la situation de Pointe-Saint-Charles.